Les eurodéputées Hilde Vautmans (Renew Europe, Anders) et Sophie Wilmès (Renew Europe, MR) condamnent avec la plus grande fermeté l’initiative de Tom Vandendriessche (Patriots for Europe, Vlaams Belang) à l’encontre de la communauté LGBTQI+. Le député a en effet déposé une résolution individuelle visant à interdire aux institutions européennes d’afficher des drapeaux arc-en-ciel à l’occasion de la Pride et d’autres symboles inclusifs sur et autour de leurs bâtiments.

« Cette attaque politique se cache derrière des prétextes de neutralité alors que nous n’avons jamais entendu le Vlaams Belang sur d’autres causes, par le passé. Derrière cette initiative, il y a un agenda : invisibiliser la communauté LGBTQI+ dans l’espace public. Sauf que ces drapeaux représentent aussi des engagements, pris et soutenus par la majorité des membres de cette assemblée, même si cela ne plait pas à l’extrême-droite. M. Vandendriessche et le Vlaams Belang savent que ce texte n’aboutira à rien. Mais ce n’est pas le but recherché. C’est plutôt une provocation, destinée à envoyer un signal politique décomplexé et faire comprendre aux citoyens, à travers l’Europe, que la liberté d’être soi-même et la liberté d’aimer n’ont aucune valeur. Eh bien, face à cela, nous refusons de nous taire. »

« Les valeurs fondamentales de l’Union européenne, inscrites à l’article 2 du TUE, ne sont pas négociables, elles ne sont pas dogmatiques. Nous rappelons d’ailleurs que cet article est considéré comme une base juridique autonome par la CJUE pour contester les lois discriminatoires contre la communauté LGBTQI+ en Hongrie. La dignité humaine, l’égalité et le respect des minorités constituent les fondements de l’UE. Lorsque nos institutions hissent un drapeau arc-en-ciel, elles ne font qu’exprimer les valeurs inscrites dans nos traités. Elles montrent ce que représente le projet européen, qui nous sommes. Nous ne voulons pas laisser l’extrême-droite redéfinir la signification de ces valeurs ».

Le Vlaams Belang est un parti enraciné dans le nationalisme ethnique flamand et qui, depuis très longtemps, s’oppose aux droits de la communauté LGBTQI+, à la protection des minorités et au cadre européen des droits fondamentaux. Dans leur groupe parlementaire actuel au Parlement européen, Patriots for Europe, on retrouve les mouvements d’extrême-droite les plus régressifs du continent. Cette motion s’inscrit parfaitement dans cette logique.

« Nous voulons être très claires sur ce dont il s’agit ici. Un parti d’extrême droite utilise les procédures parlementaires pour faire sentir aux personnes LGBTQI+ qu’elles ne sont pas les bienvenues dans les institutions européennes. Nous n’avons pas peur des mots, et nous nous y opposons. »

Vautmans et Wilmès appellent donc leurs collègues de Renew Europe ainsi que tous les députés pro-européens à rejeter formellement ce texte et à réaffirmer l’engagement de l’UE en faveur de l’égalité des droits et la dignité de chaque citoyen, indépendamment de son identité ou de la personne qu’il aime.

« Cette résolution n’a très probablement aucune chance de passer en commission, à juste titre. Mais le combat pour les libertés des personnes LGBTIQ+ en Europe est loin d’être terminé. Les droits LGBTIQ+ et certains acquis n’ont jamais été autant remis en question par des mouvements radicaux de toutes tendances, mais nous continuerons à les défendre, dans ce Parlement et partout ailleurs. Cela fait partie de notre ADN en tant que libérales »concluent Vautmans et Wilmès.