Ce jeudi 8 octobre, le Parlement européen s’est prononcé sur une résolution appelant à une stratégie de l’Union contre l’entrisme islamiste et l’influence du réseau des Frères Musulmans. La députée Sophie Wilmès défend pleinement cette ambition : « depuis plusieurs années, nos services de sécurité et de renseignement en Belgique documentent la menace liée aux Frères Musulmans et nous alertent. En France aussi, le rapport du ministère de l’Intérieur publié l’année dernière tire la sonnette d’alarme. Ces avertissements doivent être pris très au sérieux. Nous ne parlons pas ici de terrorisme, mais d’une stratégie d’implantation et d’influence menée par des réseaux islamistes qui avancent masqués pour peser sur les décisions publiques et nos processus démocratiques. L’objectif ultime est connu : imposer un modèle de société calqué sur leur propre interprétation radicale des préceptes religieux qu’ils placent, d’ailleurs, au-dessus des lois civiles et des libertés individuelles. Ce projet politique se heurte frontalement à nos valeurs en Europe. Et l’ensemble de la société est concernée. On parle de l’égalité entre les femmes et les hommes, des droits des femmes, de la liberté d’expression, de la liberté de croire ou non, des droits des personnes LGBTQI+, etc. Ce sont ces libertés-là qui sont en jeu. »

Avec les députés européens du MR, Sophie Wilmès a donc voté en faveur du texte proposé initialement proposé par le PPE. Sophie Wilmès explique : « La position du Parlement est ferme car elle répond à des constats. Le groupe Renew a été, ici, le garant de la nuance, par exemple en rappelant explicitement dans le texte la différence entre l’islam comme religion et l’islamisme. Je note d’ailleurs que, de tous les groupes, c’est Renew qui a fait adopter le plus d’amendements. Heureusement, parce que depuis le départ, S&D et les Verts ont manqué cruellement de courage. Socialistes et écologistes ont été les grands absents dans ce dossier. Ils n’ont déposé aucun texte, ont refusé toute négociation sur une résolution commune. Rares sont ceux qui, dans leurs rangs, ont même pris part au débat. Les amendements qu’ils ont finalement déposés cherchaient clairement à minimiser la menace, ramenant le sujet aux seules questions du racisme et de l’islamophobie. Nous aurions dû pouvoir chercher un terrain d’entente entre forces démocratiques. C’était notre volonté, ils l’ont refusé. Leur aveuglement sur ce sujet est total. J’espère qu’il n’est pas, en plus, délibéré. »

Sophie Wilmès se félicite aussi du rejet des amendements les plus problématiques venus de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche : « ce n’était pas gagné et, pourtant, la très grande majorité des amendements venus de l’extrême-droite ont été rejetés dont les plus sulfureux, faits d’amalgames ou de confusion dans les concepts. Bien entendu, nous en avons voté aucun. Quant à l’extrême-gauche, ce que j’ai lu dans les amendements déposés par The Left, groupe dans lequel siègent le PTB et La France Insoumise, m’a sidéré. C’est très simple : pour eux, l’entrisme et l’ingérence des Frères Musulmans est une pure invention, c’est un complot pour stigmatiser les personnes de confession musulmane, voire les priver de leurs droits. Certains amendements étaient à la limite de l’insulte envers nos services de renseignement. Ce niveau de complicité avec l’islamisme radical n’est pas seulement grave, il est aussi fondamentalement dangereux pour notre démocratie. Heureusement, aucun n’a été adopté. »

Si, en définitive, la résolution du groupe Renew Europe n’a pas été soumise au vote pour des raisons de procédure et que certaines propositions ne se retrouvent pas dans la version finale du texte, Sophie Wilmès estime que ce travail n’est pas perdu pour autant. Il a permis de définir une position claire et une liste de priorités pour les libéraux : « pour que cette stratégie européenne soit solide, nous avons plusieurs demandes. Tout d’abord, nous devons nous doter, en Europe, d’une méthodologie commune de référence pour identifier les réseaux et évaluer la menace. C’est la base de tout. Si nous n’avons pas de compréhension commune du phénomène, on ne peut pas agir efficacement. Ensuite, nous voulons pouvoir mieux suivre, de manière transparente, les financements européens jusqu’aux bénéficiaires finaux. C’est important car les organisations liées aux Frères Musulmans vivent des subventions publiques. Nous voulons aussi mieux contrôler qui a accès à nos institutions, Parlement compris. Et cela passe par le Registre de Transparence. À cela s’ajoutent, en vrac, un renforcement de la coopération policière, l’élaboration de recommandations sur la question de la dissolution de certaines associations ayant des liens avérés avec l’entrisme religieux ou encore la création d’une liste européenne des prédicateurs de haine, comme base à une interdiction d’entrée sur notre territoire. Une partie de ces demandes se retrouvent dans le texte voté aujourd’hui. Notre travail pour voir cet arsenal de mesures, très concrètes, devenir réalité ne fait évidemment que commencer. »