À l’invitation de la présidence française, la Vice-Première ministre et ministre du Commerce extérieur, Sophie Wilmès, a participé au Conseil Affaires étrangères (CAE) sur le Commerce qui s’est déroulé les dimanche 13 et lundi 14 février, à Marseille (France).

OMC

Une réunion informelle s’est tenue en présence de la Directrice générale de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), Dr Ngozi Okonja-Iweala ; ce qui a permis aux ministres européens de faire l’état des lieux du fonctionnement de l’organisation et faire le point également sur la préparation de la 12ème Conférence ministérielle qui devait se tenir en novembre passé mais qui a été reportée. Pour la Belgique, cette ministérielle doit avoir lieu le plus rapidement possible, dans une nouvelle dynamique et avec un engagement clair des acteurs-clés. Notre pays souhaite que l’OMC engrange des résultats à court terme sur les quatre dossiers prioritaires ; à savoir la réforme de l’organisation elle-même, le dossier lié au commerce et la santé, la pêche et enfin l’agriculture. Sophie Wilmès : « le monde nous regarde. Il est grand temps que nous trouvions une solution pour les aspects liés au commerce dans la lutte mondiale contre le virus. À cet égard, notre pays soutient les efforts de la Commission européenne à Genève autour d’une approche holistique qui inclut aussi la facilitation des échanges et l’augmentation de la production de vaccins. » « Au-delà du commerce et de la santé, la réforme de l’OMC est une priorité pour nous tous, et notamment pour la Belgique qui vit d’une économie très ouverte sur le monde. » Il est donc impératif pour notre pays – aussi quand on parle de la pandémie – que l’OMC soit en mesure de remplir ses fonctions de base – négocier, surveiller et régler les différends – afin de garantir que le commerce mondial soit libre, fluide et prévisible.

UE-Afrique

Les ministres européens du commerce extérieur ont également abordé l’approfondissement des relations commerciales et d’investissement avec le continent africain, en perspective d’un sommet UE-UA les 17 et 18 février prochain à Bruxelles ; sommet qui aura un rôle décisif sur cette question. Pour la Belgique, établir une coopération stratégique avec ses partenaires africains est une priorité. Il existe encore de nombreux domaines à fort potentiel pour une collaboration accrue, notamment en les aidant à mettre en œuvre la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). « Bâtir une nouvelle alliance avec l’Afrique est essentiel car le continent a un fort potentiel pour devenir un moteur en termes d’emploi, d’investissement et de commerce pour nos entreprises. Le développement du continent nécessitera des efforts et des investissements supplémentaires, par exemple, dans la transition énergétique dans laquelle on a une expertise à revendre et qui peut offrir des opportunités sur les plans économique, social, mais aussi en termes d’infrastructures et de transports », a déclaré Sophie Wilmès.

La Belgique estime par ailleurs que l’Union européenne ne communique pas de façon assez affirmée sur son action en Afrique. C’est aussi vrai pour ses propres citoyens qu’à destination des citoyens des pays africains. « Je pense, par exemple, au secteur de la santé et à la production de vaccins. L’UE est le premier exportateur au monde. À ce titre, elle a fourni un vaccin sur deux au continent africain, soit à travers des dons, soit à travers le mécanisme COVAX. » explique Sophie Wilmès. « Nous devons également mieux communiquer sur les retombées positives du modèle de partenariat et de développement que nous proposons, et  qui nous différencie des autres puissances mondiales. Ces différences de modèle se retrouvent aussi dans des décisions comme l’interdiction d’importer des produits issus de la déforestation ou la législation sur la responsabilité sociale des entreprises qui offrent de vrais bénéfices d’un point de vue sociétal ».

Dans ces échanges a été également discuté l’accord de partenariat économique avec le Kenya pour lequel la Commission européenne a l’intention, à travers une déclaration politique en marge du sommet UE-UA, de confirmer sa volonté de le signer. Pour la Belgique, la présence d’un chapitre ambitieux, applicable et contraignant sur le commerce et le développement durable est indispensable à cet égard, de même qu’un mécanisme approprié de règlement des différends.

La Vice-Première ministre a aussi tenu à souligner l’importance que notre pays attache à la promotion de l’égalité des genres, également dans la politique commerciale. Elle encourage la Commission européenne à davantage investir sur cet aspect-là. Cela peut se faire, par exemple, en s’assurant que les femmes bénéficient autant que les hommes des avantages de notre politique commerciale, ou encore en promouvant des conditions de travail décentes et égalitaires.

Conseil de la technologie et du commerce

Enfin, le Conseil s’est penché sur nos relations avec les États-Unis, notamment en préparation du futur Conseil du commerce et des technologies (CTT). La Belgique souhaite que ce forum diplomatique transatlantique chargé de coordonner la politique technologique et commerciale entre l’UE et les États-Unis aboutisse rapidement à des résultats concrets. Pour Sophie Wilmès, « le Conseil du commerce et des technologies nous permet de négocier directement avec notre principal partenaire commercial d’une manière positive et concrète. Cette approche constructive devrait réduire le risque de nouveaux conflits commerciaux qui ne profitent à personne. Nos entreprises et surtout nos PME ont besoin de stabilité et de prévisibilité. » Pour la Belgique, l’industrie des semi-conducteurs doit occuper une place centrale parmi les thèmes prioritaires, compte tenu des intérêts majeurs dans ce domaine.