Ce mercredi 25 mars, le groupe Renew Europe au Parlement européen a adopté sa position en prévision de la révision du mandat d’Europol, prévu pour le deuxième trimestre de 2026. Sur l’initiative de Sophie Wilmès et de la députée Raquel García Hermida-Van Der Walle (D66, Pays-Bas), ce position paper a l’ambition de nettement renforcer la capacité analytique, opérationnelle et technologique d’Europol pour faire face à l’évolution rapide des menaces sécuritaires et permettre à l’agence de mieux répondre à une nouvelle réalité, où la criminalité se limite de moins en moins aux frontières physiques.

Sophie Wilmès contextualise : « la sécurité figure parmi les grandes priorités des citoyens européens, et ils ont raison. Cela reflète autant les réalités vécues dans certains quartiers – on le sait à Bruxelles… – que les tensions liées à l’actualité internationale. Se sentir protégé est un prérequis essentiel à l’exercice de la liberté individuelle et au maintien de notre modèle démocratique, c’est pourquoi je suis satisfaite que Renew Europe ait décidé, à mon initiative, de s’engager pleinement sur ce sujet. Alors oui, la sécurité reste en grande partie une compétence nationale, mais ces défis majeurs ne peuvent être affrontés de manière isolée, chaque pays dans son coin. Ils exigent coordination, mutualisation des moyens et réactivité. La stratégie que nous proposons privilégie des actions concrètes et opérationnelles pour répondre efficacement aux attentes des citoyens. »

Le texte repose sur six axes stratégiques, détaillés dans le document en pièce jointe.

Dans le texte porté par Sophie Wilmès, il est proposé d’élargir le mandat d’Europol pour couvrir des menaces très actuelles sur nos sociétés européennes en intégrant notamment les attaques hybrides dont les actes de sabotage, les survols illégaux de sites sensibles et les cyberattaques visant les infrastructures critiques mais aussi faire de la lutte contre le trafic de drogue une priorité.

Sophie Wilmès explique : « depuis la dernière mise à jour du mandat d’Europol en 2022, si le risque d’une recrudescence du terrorisme est réel, il apparait clairement que les menaces hybrides ainsi que la criminalité liée au trafic de drogue constituent aujourd’hui deux des principaux dangers pour nos sociétés. En plus, la frontière entre ces deux phénomènes est poreuse. Par exemple, on voit certaines organisations, voire États étrangers, s’appuyer sur des réseaux criminels locaux pour mener des opérations de déstabilisation. D’un autre côté, les cerveaux des trafics de drogue opèrent parfois depuis l’étranger et l’argent issu du trafic de drogues sert aussi à d’autres faits criminels. Vu l’ampleur du défi, nous voulons mobiliser tous les moyens disponibles dans la lutte contre ces deux menaces sécuritaires. C’est pourquoi Europol doit pouvoir venir concrètement en soutien aux forces de l’ordre ; à la fois techniquement et opérationnellement. Nous voulons également qu’Europol puisse agir plus rapidement face à des crimes qui ne sont plus nécessairement liés à un État membre spécifique et que l’agence puisse mieux coopérer avec n’importe quel acteur qu’elle estime pertinent, comme le secteur financier par exemple, en fonction des informations que celui-ci détient pour mieux lutter contre la criminalité. » 

La coopération avec les autres agences européennes, comme le Parquet européen (EPPO), Eurojust ou l’Autorité européenne de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLA), est également essentielle pour renforcer l’efficacité de l’action d’Europol : l’ambition est que l’agence puisse jouer le rôle « d’Information Hub », avec une expertise comme point d’appui commun, ce qui de facto améliorera la coordination inter-agences, évitera les duplications inutiles, fluidifiera l’échange d’informations et, en définitive, renforcera la cohérence de l’action européenne en matière de criminalité et de lutte contre le blanchiment. À cette fin, Europol est aussi appelé à renforcer ses capacités techniques et analytiques, en s’adaptant aux mutations technologiques, notamment par l’intégration d’outils fondés sur l’intelligence artificielle et le développement de compétences avancées en traitement et exploitation des données.

L’élargissement des compétences et des prérogatives d’Europol doit s’accompagner d’un renforcement significatif des moyens de l’agence, aussi bien en termes financiers qu’en termes de personnel. L’idée est aussi de proposer la création d’une académie européenne de police qui serait chargée de délivrer une certification européenne harmonisée aux professionnels de la sécurité opérant dans un contexte transnational, afin de renforcer la coopération, la diffusion des meilleures pratiques et les standards communs au sein de l’Union.

En parallèle, Renew Europe insiste sur la nécessité de garantir la transparence, la protection des données et la responsabilité démocratique. L’objectif est d’établir un cadre clair, notamment pour l’utilisation des nouvelles technologies, conciliant la protection des droits fondamentaux avec les exigences d’efficacité opérationnelle.

Afin de concrétiser ces priorités, Renew Europe plaidera pour une augmentation du budget de l’agence dans le prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034 à la hauteur des ambitions que nous avons pour l’agence.